Journée d'étude "Paysage(s)"

Communications téléchargeables ci-après 

Remerciements

Nous tenons à adresser de vifs remerciements à l’UFR Sciences, Espaces et Sociétés, ainsi qu’à l’IPEALT pour la bienveillante attention et le soutien qu’ils ont apportés à la journée d’étude.

Nous remercions également l’IdA - pôle Sud-Ouest qui suit ATRIA et ses projets depuis sa création : un merci tout particulier à son directeur Monsieur Régis Guillaume et aux deux coordinatrices de l’IdA Toulouse, Nathalie Dessens et Modesta Suárez, pour l’intérêt porté aux projets des jeunes chercheurs américanistes, et pour avoir accepté de labelliser et faire figurer la journée sur le programme du nouveau Master des Amériques.

Un chaleureux merci à Françoise Gouzi-Quiroz (IDA) pour son efficace diffusion et ses conseils.

Merci à Monsieur Michel Bertrand, directeur de l’Ecole Doctorale TESC, d’avoir accepté d’inclure la journée dans le parcours de formation.

Un merci tout particulier au laboratoire du CAS (Cultures Anglo-Saxonnes) et à ses directrices, Catherine Lanone et Wendy Harding, pour avoir toujours prêté une oreille attentive aux projets d’ATRIA.

Merci à Magali Garros qui a réalisé les plaquettes de la journée.

Merci à tous les participants, modérateurs, chercheurs titulaires, étudiants de Master et doctorat qui prennent part à cette journée et présentent leurs travaux. Merci à ceux qui sont venus de loin pour participer.

Un merci final à tous les membres d’ATRIA (et notamment à la Commission de Gestion et au Bureau) pour leur souriante collaboration et l’aide efficace apportée dans l’organisation de « Paysages ».

Candice Lemaire et Gaëlle Hourdin (organisatrices de la journée)

Présentation de la journée

La notion de paysage s’est imposée comme thématique de cette journée d’étude en raison de son caractère fédérateur et malléable tout autant que des possibilités de problématisation qu’elle offre. Parce qu’elle permet de croiser des disciplines variées, cette thématique répond parfaitement à l’objectif de pluri- et d’interdisciplinarité de l’association, tout en permettant d’embrasser la totalité du continent américain dans sa variété et sa complexité.
Cette journée a donc été l’occasion de traiter de paysages divers : à la fois ruraux et urbains ; historiques, sociaux, mais aussi culturels et littéraires. Quels que soient les champs disciplinaires envisagés, il s’agit toujours de poser la question du rapport du paysage à l’homme qui l’observe, le construit ou l’habite, c’est-à-dire de la relation qui unit le paysage en tant que réalité physique et matérielle existant en dehors de l’homme (paysage in situ) d’une part, et du regard humain qui, par le filtre de la perception, construit ou reconstruit le paysage (in visu), d’autre part.
Il ressort de cette dualité première, contenue dans la définition courante du paysage comme une « étendue de pays que l’œil peut embrasser dans son ensemble » (Larousse), qu’il n’est pas de paysage sans perception, donc sans construction ; poser la question du paysage, c’est ainsi avant tout poser celle de la représentation, c’est pourquoi cette notion s’avère si porteuse dans le vaste domaine des sciences humaines et sociales, et a pu être abordée dans les différentes communications de la journée depuis des perspectives à la fois historiques, archéologiques, anthropologiques, environnementales et littéraires.

 

 

Programme de la journée

9h – 9h15 : Accueil et ouverture de la journée

9h15 – 12h : Paysages de conflit

Modératrice : Modesta Suárez (professeur Laboratoire Framespa, coordinatrice latino-américaniste IDA Toulouse 2)

Terres d’enjeux 

  • Le ressac des rêves. Inventer l’horizon depuis la selva lacandona ; Nathalie Galland (maître de conférences, Université de Bourgogne, Centre Interlangues EA 4182 / HICSAL UMR 5136 CNRS)

  • Comment fabrique-t-on un paysage ? Ecologie et populations indigènes de la forêt tropicale du Chiapas ; Valentine Losseau (doctorante, Laboratoire d’Anthropologie Sociale, Collège de France / EHESS)

Au fil de l’eau

  • L’utilisation et l’état actuel des ressources aquatiques dans le bassin de l’Amazone : l’eau et ses peuples ; Katty Alexandra Camacho Garcia (doctorante, Université de Salamanque, Espagne)
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  • Paysages du Brésil inconnu : les bords de l’Araguaia au XIXe siècle à travers les témoignages missionnaires ; Claire Pic (doctorante, Framespa, Toulouse 2)

14h – 18h : Paysages culturels

Atelier 1 : Histoire, histoire(s)
Modératrice : Nathalie Dessens (professeur, CAS-GENA, coordinatrice anglo-américaniste IDA Toulouse 2)

  • Paysage et diversification culturelle : le cas de la côte sud du Pérou à l’époque Paracas-Nasca (200 av JC – 100 ap. JC) ; Vanessa Tinteroff-Gil (docteur en archéologie, Université Paris Sorbonne – Paris IV)
    Résumé :  Étendu sur plus de 20 000 km2, le territoire archéologique de la côte sud du Pérou se caractérise par des pampas désertiques séparées par des vallées fertiles où domine l'occupation humaine. A partir de 400 av. J.-C., le déclin de Chavín, jusqu'alors phénomène culturel homogénéisateur, encourage l'émergence d'entités culturelles locales innovantes dont témoignent les changements dans le mobilier (céramiques, textiles), dans les constructions ainsi que dans l'occupation. Alors que la culture Paracas dominait jusqu'alors la côte sud, le développement de  Topará et de Nasca atteste de ces modifications entre 200 av. J.-C. et 100 apr. J.-C. Suivant un axe de recherche environnemental, l'étude des données archéologiques révèle la consolidation de trois noyaux géo-culturels en interaction sur ce territoire. A partir de ce sujet d'étude particulier, il est ici proposé de s'interroger sur le rôle joué par le paysage dans la diversification culturelle de la côte sud à l'époque Paracas-Nasca.
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  • « To gaze on this sublimely grand specticle … formes the grandest sight I ever beheld » : le mode de représentation des paysages lors de l’expédition Lewis et Clark (1804 –1806) ; Florence Ferbus (doctorante, Université Paris VII Diderot)

  • Paysage(s) témoin(s) du meurtre. Le lieu comme personnage clé des romans noirs argentins ; Olivier Harispe (Master, IPEALT, Toulouse 2)

Atelier 2 : Paysage et appropriation
Modératrice : Nathalie Massip (doctorante, CAS-GENA, Toulouse 2)

  • De l’immense à l’intime : le rôle médiateur des choses dans la représentation catherienne des espaces polarisés de l’Amérique ; Céline Manresa (doctorante, CAS-GENA, Toulouse 2)
    Résumé : En prenant pour cadre de ses romans et de ses nouvelles l’immensité encore très largement vierge et sauvage des paysages de l’Ouest ou l’effervescence des grandes villes de l’Amérique au tournant du 20e siècle, Willa Cather interroge la capacité du discours littéraire à nommer des territoires contrastés mais semblablement incommensurables. Si l’extrême vastitude de la prairie défie le regard de l’observateur et semble anéantir toute tentative de mise en mots ou en forme, les paysages dédaliques des métropoles naissantes, saturés de détails, de reliefs, de sons et de nuances, assaillent les sens et contraignent le visiteur à se replier vers les marges ou dans le cadre rassurant des lieux clos. Or, Cather cherche cependant à explorer la magnitude des paysages américains. Il s’agissait donc pour l’écrivain de trouver le moyen d’accorder son discours à la démesure et aux fluctuations imprévisibles de l’espace.

    Cather a ainsi abondamment recours aux choses dans l’élaboration de ses descriptions paysagères. Centrales au déroulement des intrigues et omniprésentes dans les évocations d’espaces naturels ou urbains, les choses se présentent comme des ressorts nécessaires de la poétique catherienne. Elles offrent une voie médiane entre la vacuité et l’excès et permettent à l’écrivain de rendre compte de la nature doublement fascinante et déroutante des paysages américains. Dans l’œuvre de Cather en effet, les choses constituent d’indispensables intermédiaires entre les sujets et leur environnement, mais aussi entre le texte et le monde sensible. De même que dans l’Ouest, les pionniers ne cessent de manier leurs divers outils pour approcher la terre, de même, les citadins se munissent en permanence d’ « écrans » lors de leurs déambulations dans la ville : en s’interposant entre les êtres et l’espace, les monocles, les ombrelles ou les voilettes des chapeaux filtrent et orientent la perception de la ville. De façon générale, les choses sont à la fois ce qui sépare et relie les corps et les décors, permettant ainsi aux hommes d’apprivoiser l’immensité paysagère.

    C’est dans une semblable alliance de proximité et de distance que Cather situe son écriture par rapport au monde référentiel. Elle élude tout regard panoramique sur la nature et sur la ville, et choisit de mettre en relief une sélection de repères naturels ou architecturaux afin de baliser sa cartographie romanesque. En explorant le rôle fondateur et médiateur des choses, Cather élabore une écriture tendue entre une précision réaliste et une approche délibérément élusive et fragmentaire. Elle parvient ainsi à forger une prose concrète et néanmoins littéralement poétique, susceptible d’évoquer, de façon intime, l’étrangeté des paysages d’Amérique.


  • Violence des échanges en milieu tempéré : le paysage de Nouvelle-Angleterre dans la poésie de Robert Frost ; Candice Lemaire (doctorante, CAS-GENA, Toulouse 2)
    Résumé : Elément-clé de l’univers du poète américain Robert Lee Frost (1874-1963), le paysage de Nouvelle-Angleterre est ce qui cadre et parcourt l’ensemble des recueils de cette poésie pastorale si particulière. Dans cette nature qu’il réinvente et transforme en “tableau”, en paysage, et qu’il fait passer d’un statut de site naturel à celui de site poétique, le type d’échanges qui se nouent entre l’homme et la nature peut être analysé à travers le prisme de la violence, comme mise en mots, transmise, et amplifiée par le genre poétique. Nous souhaiterions donc nous intéresser à cette violence dans la mesure où elle constitue un point de vue, un regard particulier et original sur le paysage de Nouvelle-Angleterre et où elle permet de décrire et de problématiser l’adaptation du personnage frostien à son environnement. Tour à tour paysage-bourreau et paysage-martyr, le paysage frostien devient aussi une expérience quotidienne transcendée par le langage poétique.
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  • Candombe sur la rue Isla de Flores : paysages du défilé des Llamadas ; Ariela Epstein et Micaela Diaz (doctorante LISST-CAS et Framespa, Toulouse 2 / réalisatrice de documentaires)
    Résumé : La rue Isla de Flores est la scène du défilé traditionnel des Llamadas, lors du carnaval de Montevideo. Le défilé, à la fois spectacle et rituel, se construit dans une  ambiance visuelle, sonore et sensuelle toute particulière, une expérience subjective du candombe vue par des yeux de réalisatrice (Micaela Diaz). La rue Isla de Flores, au cœur des quartiers Sur et Palermo -berceaux mythiques de la communauté noire-, laisse voir par ailleurs d’autres traces identitaires, au-delà du temps du défilé : des peintures murales, des lieux de mémoire plus ou moins officiels, la présence d’associations, etc., décrits du point de vue culturel de l’ethnologie (Ariela Epstein). Le paysage quotidien du quartier, comme celui du rituel des llamadas, condensent plusieurs formes de mises en scènes symboliques du Candombe et de son histoire ; paysages signifiants donc, que nous tentons de rendre, à deux voies, en images et en musique.

 

 

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